Nous nous retrouvons, au lendemain des fêtes de la Toussaint, à l’Ermitage Compostelle du Bouscat, 10 rue Bertrand Hauret 33110 au Bouscat. Nous sommes habitués au Premier étage, salle 1. Beaucoup de nos lectrices et lecteurs sont en voyage ou en famille et nous ont prévenu de leur absence, nous les remercions. Nous avons retrouvé Sylvie qui animera la séance avec Louis. Notre troisième animateur, Marcel reviendra en janvier après un long repos nécessaire.
Autour de nos deux animateurs, nous accueillons Marielle, Jean, Monique, Fabienne, Noëlle, Evelyne, Nadine, Marie, Béatrice, Nicole, Aurore, Marie-Odile, et nouvelle lectrice, Marie-Thérèse.
Sylvie demande que chacun se présente pour faciliter l’accueil des nouvelles lectrices. Puis elle enchaîne avec le film « L’Etranger » de A. Camus, revu par François Ozon, en noir et blanc. Louis l’a vu, il l’a apprécié, mais reste discret pour laisser à notre public sa libre interprétation ! Ce film sera présenté à l’Utopia dès le 7 novembre. Puis elle demande combien de présentations de livres sont à répartir dans le temps du Café. Elle rappelle aussi la possibilité de voir « Adolescence » chez Nicole jeudi 6 et jeudi 13 novembre à 14 h (voir adresse en fin de document), exemple de danger des réseaux sociaux que traitera Louis dans l’atelier Scientifique du 24 de ce mois.
Sylvie donne la parole à Evelyne qui trouve toujours des pépites pour nous ouvrir à de nouvelles perspectives. « Impossibles adieux » un livre de Han Kang, sud-coréenne, lauréate du prix Médicis en 2023. L’histoire suit Gyeongha qui se rend sur l’île de Jeju pour s’occuper de l’oiseau de son amie Inseon, hospitalisée d’urgence. Mais la tempête la ralentit, modifiant complétement l’atmosphère. Elle se fatigue, parvient à la maison vide de son amie. L’oiseau est mort, ne restent que des souvenirs, des documents rassemblés par sa mère et par Inseon elle-même ; les parents n’ont pas survécu aux massacres des civils perpétrés par des troupes américaines anticommunistes en 1948-49. Inseon raconte à son amie, grâce aux documents transmis, l’histoire de sa mère, et le jour terrible de 1948 où avec sa sœur enfant, Inseon, elle-même, cherchait les restes des disparus.
Evelyne nous exprime son admiration pour l’écriture tendre et douce presqu’onirique choisie pour évoquer ces violences inacceptables. Gyeongha se rappelle son amie, faisant une exploration tendre et poignante sur fond des massacres de la guerre de Corée, mêlant le souvenir de leur amitié, les liens familiaux avec les parents disparus. Cette écrivaine à la prose magique a obtenu le Prix Nobel 2024 ce qui a contribué à la faire connaître internationalement, mais à surtout à réhabiliter les victimes.

Merci à Evelyne, Sylvie donne la parole à Aurore, qui nous montre souvent des livres rares. Aujourd’hui, elle nous fait connaître le musée des « Nourrices », dans la région du Morvan. L’écrivaine Séverine Cressan est née en 1976, dans la région lyonnaise ; son amour des mots l’a conduite vers des études littéraires et germaniques, elle a enseigné l’allemand dans divers lycées d’Europe. « Nourrices » est son premier roman, il est somptueux et sensuel, nous dit Aurore. Il croise le conte et le réalisme social, et pourtant poétique.

Depuis le 18ème siècle, on repère une industrie particulière méconnue, centrée sur le corps des femmes qui vendent leur lait maternel, faisant vivre ainsi leur famille. Publié en été 2025 aux éditions Dalva, ce roman raconte l’histoire de Sylvaine, une jeune maman qui allaite sa fille ; à la suite du sevrage, elle reçoit « une petite de la ville » pour être sa nourrice. Une nuit, elle découvre un bébé abandonné dans une clairière et à son côté un carnet que Sylvaine ne sait pas lire. Comment faire pour s’occuper de trois bébés. L’intrigue est douloureuse mais on s’arrête là pour ne pas déflorer le roman dans lequel mythe et réalité s’entrelacent.
Ainsi découvre-t-on une organisation, une infrastructure avec des « meneurs » qui recrutent des femmes enceintes pour les suivre et attendre le moment où elles pourraient nourrir plusieurs bébés. Il existe aussi des hospices qui reçoivent des « trouvés », ils sont déposés dans des boites qui permettent de les recueillir sans sortir du couvent. Un bébé trouvé rapporte 40 sous, la nourrice d’un bébé de la ville touche 80 sous pour une année. Plus tard, il faudra attendre 1900, pour que la bourgeoisie et l’aristocratie préfèrent une nourrice à domicile. On crée un bureau de placement des nourrices : celles-ci sont formées à l’hygiène, la nourriture et les sorties des bébés, et comment on les conduit au sevrage. On trouve des traces de ces habitudes dans des œuvres de Zola, Flaubert, et plus tôt dans Balzac.
Nos lectrices à ce moment de la présentation pensent à leurs expériences personnelles, certaines ont donné leur lait au lactarium. A ce moment aussi Aurore, Sylvie expriment le sentiment qui les anime : « Il faudrait que nos lecteurs lisent un livre de ce genre pour percevoir clairement la marchandisation des corps féminins…combien cela peut choquer ou indigner une jeune femme, ou celle qui renonce à avoir des enfants pour sauvegarder son intégrité. » Que nos amis masculins ne soient pas choqués, ils ne peuvent rien sur les rites du passé, dans des régions isolées, pauvres, où l’on devait chanter « J’ai deux grands bœufs dans mon étable… ! » cf Google chanson créée en 1845 reprise par Marcel Amont en 1960.
Les commentaires sont nombreux sur le récit qui devient plein d’humour par moments, il faut le lire. Merci Aurore pour ton choix vraiment original.
Louis revient sur l’Etranger pour rappeler l’intrigue et encourager les lecteurs à voir ce film et lire le roman assez court, en deux parties de Albert Camus. Puis dans cette période du souvenir pour tous, Louis nous lit le poème du souvenir de Victor V.Hugo « Demain dès l’aube » qui pense à sa fille Léopoldine, extrait des Contemplations.
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.
C’est l’un des poèmes les plus célèbres de Victor Hugo. Il était dédié à sa fille Léopoldine qui s’était noyée dans la Seine alors qu’elle n’avait même pas 19 ans. Il était absent lors de l’accident et de son décès et il éprouvait un profond remord parce qu’à ce moment-là il était en voyage avec sa maîtresse ; il n’a su la nouvelle que par les journaux.
Le poème a été publié dans « Les Contemplations en 1856.
Et Sylvie nous lit « Le Chat » de Ch.Baudelaire
<Dans ma cervelle se promène, Ainsi qu’en son appartement,
Un beau chat, fort, doux et charmant.
Quand il miaule, on l’entend à peine, Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde, Elle est toujours riche et profonde.
C’est Là son charme et son secret.
Cette voix, qui perle et qui filtre Dans mon fond le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux Et me réjouit comme un philtre.
Elle endort les plus cruels maux Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases, elle n’a pas besoin de mots.
Non, il n’est pas d’archet qui morde Sur mon cœur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement Chanter sa plus vibrante corde,
Que ta voix, chat mystérieux, Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu’harmonieux !
De sa fourrure blonde et brune sort un parfum si doux, qu’un soir
J’en fus embaumé, pour l’avoir
Caressée une fois, rien qu’une.
C’est l’esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?
Quand mes yeux vers ce chat que j’aime Tirés comme par un aimant
Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales, Qui me contemplent fixement.>
Sylvie nous présente aussi un joli livre de :
Amanda STHERS : LE CAFÉ SUSPENDU.
Amanda STHERS : On la connaît cette femme aux mille vies. Non pas parce qu’elle a été l’épouse de Patrick Bruel et qu’elle est la mère de ses deux fils, mais parce qu’elle est écrivaine, dramaturge scénariste, (ex : Série Caméra Café) réalisatrice et productrice. Elle ne cesse de se réinventer.
On connaît d’elle la très connue et très récompensée pièce de théâtre LE VIEUX JUIF BLONDE, écrite à vingt-quatre ans, et qui raconte l’histoire d’une jeune fille blonde bourgeoise et catholique qui est convaincue d’être un vieux juif de 80 ans marqué par l’horreur des camps. (Mise en scène de Jacques Weber et interprétée par Mélanie Thierry à sa sortie et actuellement étudiée à Harvard).
Amanda STHERS naît en 1978 à Paris. Son père Guy Maruani est psychiatre et auteur d’origine juive tunisienne. Bachelière à seize ans elle obtient une maitrise de lettres modernes à La Sorbonne. Choquée par les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, elle vit désormais à Los Angeles avec ses deux fils.
Depuis plus de 20 ans, ses romans nous accompagnent.
Amanda STHERS aime l’Italie, la culture italienne, qu’elle doit d’abord à Florence, berceau discret de ses origines familiales. A Venise, elle connaît l’un de ses plus grands chocs esthétiques. En Sicile, elle a trouvé son refuge familial. Bref, l’Italie est son « Pays de cœur » et sa plume en profite.

Aujourd’hui c’est à Naples qu’elle nous entraine dans ce livre paru en 2022 : LE CAFÉ SUSPENDU.
« Lorsqu’on commande un café à Naples, on peut en régler un second indiqué sur l’ardoise du bar comme un CAFÉ SOSPESO : un café suspendu, offert à qui entrera sans avoir les moyens d’en payer une tasse … »
Roman en sept histoires, l’écrivaine nous plonge dans l’effervescence de la ville italienne peuplée de personnages hauts en couleur.
Le héros du CAFÉ SUSPENDU c’est NAPLES tout entière concentrée sur le comptoir du Café NUBE, dans le Centro Storico où un caricaturiste septuagénaire, dénommé Jacques Madelin, a ses habitudes, habitant juste au-dessus.
Il devient le narrateur des sept histoires car à force de croquer les uns et les autres, ceux que le destin a fait passer par là, il finit par devenir un confident, à vivre leur vie par procuration, à surprendre dans les expressions de leur visage, les joies et les peines, et surtout à partager leurs amours….
Pas question de vous dévoiler ces histoires, mais bien l’espoir de vous donner l’envie de déguster ce livre comme on se laisse aller à l’amertume délicieuse d’un bon expresso, une tasse bien serrée en appelant une autre, tout en méditant sur la tendresse des jours, qui parfois vient éclairer une journée, une vie. Alors, bercés par la musicalité du style d’Amanda STHERS, peut-être comme moi, aurez-vous l’irrésistible envie de vous renseigner sur le plus proche horaire du prochain vol pour Naples.
Puis Sylvie donne la parole à Nicole ; celle-ci reprend deux livres de Michel Bussi qu’elle ne connaissait pas avant la lecture de deux romans assez récents : « Les assassins de l’Aube » paru en 2024, Il met la Guadeloupe à l’honneur. L’écrivain a 60 ans, il est Géographe (spécialiste de la géographie électorale) et Romancier bien connu dans le genre Policier.
Plusieurs romans ont eu du succès : « les Nymphéas noirs2011 ; « Un avion sans elle », parmi les 22 romans écrits, le dernier « Les ombres du monde » 2025 est promis à une grande diffusion ; nous le présenterons prochainement. C’est un père de trois enfants dont deux ont plus de 20 ans, il est géographe à l’université de Poitiers, et surtout il écrit beaucoup dans sa maison près de Rouen, dans un quartier ouvrier. En 2020 il est un des romanciers les plus lus (près de 1Million d’exemplaires vendus en 2019) Dans ses romans, il est souvent l’enquêteur ; le succès est venu lentement.

J’ai choisi « Les assassins de l’Aube. » désireuse de connaître mieux l’écrivain : voir comment il utilise la Géographie dans ses romans. Le cadre est très important comme environnement physique, une carte de la Guadeloupe pour débuter le livre. Il situe ses personnages dans des paysages décrits qui font partie de l’action. Je ne connais pas la région, mais j’ai dû revenir à la carte plusieurs fois pour voir les déplacements des personnages. Le style est soigné et tient compte des locutions locales, des habitudes des plus anciens habitants, des mythes locaux, « l’œil noir » ; Il sait créer tout un milieu humain, social ; il est entouré de « gendarmes » et endosse le personnage du responsable, le commandant du poste : Il est Valéric. La nature est mise en valeur pour sa beauté, ses couleurs, sa végétation tantôt luxuriante, parfois monotone, quand il traverse des champs de cannes à sucre hautes comme deux étages.
L’intrigue est complexe et Valéric aura du mal à garder son poste ! Beaucoup de discussions, de plongées dans les mystères de cette région de France qui s’oppose à la métropole et ne peut pas s’en passer tout en cassant beaucoup de signes de l’occupant… De l’action, de l’humour et aussi de la douceur, mais peut-on s’y fier ?
L’ensemble est agréable, vivant et sensible, je trouve cet écrivain attachant. Je conseille la lecture, c’est facile et proche du réel.
Le contexte et l’intrigue principale :
L’intrigue se déroule dans un décor contemporain, aux frontières de l’imaginaire et du réalisme, où la tension monte au fil des pages. Le récit débute aux premières heures du jour, moment où la quiétude de la nuit laisse place à la peur, à l’incertitude, et parfois à la mort. L’aube, dans ce roman, symbolise à la fois l’espoir d’un nouveau départ et la révélation des pires secrets.
Le roman met en scène une série de meurtres mystérieux qui secouent une petite communauté. L’enquête est menée tambour battant par un duo d’enquêteurs, dont les personnalités, les méthodes et les blessures du passé s’opposent et se complètent. À chaque crime, une énigme supplémentaire se présente, obligeant les enquêteurs à remonter le fil du passé des victimes, et à déchiffrer les indices laissés par un assassin aussi méthodique qu’insaisissable.
Le cadre de l’île est séduisant par son exotisme qui me semble réussi, au point que j’irais bien visiter pour retrouver les paysages ! Un aspect un peu magique trouve bien sa place pour un métropolitain en vacances, d’une part un vieil homme semble faire des prédictions, d’autre part le lecteur est la proie d’un assassin qui sème des indices volontairement visibles !
Les personnages
Les personnages principaux sont complexes et attachants : le commissaire, marqué par une ancienne affaire non résolue, n’est pas un héros triomphant. Son adjointe, plus intuitive, plus jeune, sportive, apporte un regard neuf sur l’enquête. Autour d’eux gravitent une galerie de suspects, tous liés par des secrets et des non-dits, rendant la résolution du mystère d’autant plus difficile.
Les thèmes abordés
On retrouve des thématiques, des thèmes chers à la personnalité de l’auteur : la quête de vérité, la résilience face au deuil, la dualité de l’âme humaine, et l’idée d’une frontière ténue entre le bien et le mal. L’aube, fil conducteur du récit, incarne ce passage entre l’ombre et la lumière, entre mensonges et révélations.
Au fil d’une enquête rythmée par de nombreux rebondissements, l’auteur distille des indices, multiplie les fausses pistes et entraîne le lecteur dans un jeu de miroirs où rien n’est laissé au hasard. Le dénouement, à la fois surprenant et logique, révèle la vérité cachée derrière les apparences, et met en lumière la motivation profonde de l’assassin.
« J’ai dû rêver trop fort » de Michel Bussi est paru en 2019. C’est le deuxième roman choisi pour son sujet très différent.
Son titre rappelle un vers de Alain Bashung : « j’ai crevé l’oreiller » extrait des< Vertiges de l’amour> de 1980.
Un voyage entre passé et présent, rêve et réalité.
« J’ai dû rêver trop fort » plonge le lecteur dans une histoire mêlant amour, mystère et voyages à travers le temps. L’héroïne, Nathy, est une hôtesse de l’air expérimentée et accomplie, mariée à un homme qu’elle aime et mère d’une fille. Pourtant, sa vie va basculer lors de rencontres énigmatiques et d’événements qui semblent défier le hasard. C’est donc un genre très différent du roman précédent, centré sur l’action et une enquête. Ici nous sommes dans une variation de l’Amour fou, thème difficile à conter entre les textes du Moyen-Age, Lancelot et Guenièvre, ou Tristan et Iseut, et au XXème siècle, Aurélien de Louis Aragon.

Résumé de l’intrigue
Tout commence en 2019, alors que Nathy effectue un vol entre Montréal et Barcelone. Elle retrouve sur son trajet des indices troublants, des messages et des chansons qui la ramènent vingt ans en arrière, en 1999, lors d’un séjour à Los Angeles. À l’époque, elle avait vécu une aventure inoubliable et passionnée avec un guitariste, Ylian, croisé par hasard lors d’une escale. Elle avait vécu, ce qu’on appelle une « Bleuette » à ce moment-là. Entre ces deux périodes, une vingtaine d’années, elle vit avec son mari, un homme sage, ébéniste de son métier, soucieux de donner à sa famille une vie heureuse, calme et sereine. Il sait bien que Nathy et lui s’aiment, qu’ils se complètent, ils ont une fille, …mais elle est une hirondelle !
Au fil des vols et des escales, Nathy est confrontée à des coïncidences de plus en plus troublantes : des chansons diffusées à la radio, des lettres, des clins d’œil du passé qui semblent orchestrés pour lui rappeler cet amour éphémère mais intense. Tiraillée entre sa vie actuelle et ces souvenirs qui resurgissent, elle se demande si le destin ne cherche pas à la mettre à l’épreuve ou à lui offrir une seconde chance. Que va-t-il se passer pour qu’elle revienne à l’équilibre ?
Les thèmes principaux
- Le temps et la mémoire : Le roman joue sur les allers-retours entre passé et présent, montrant comment un amour ancien peut bouleverser une vie même des années plus tard. Travailler, écrire sur deux plans temporels est un essai assez convaincant.
- L’amour et le destin : Nathy est confrontée à la question du choix et des chemins non empruntés, explorant le pouvoir du hasard et des rencontres. Dans un autre roman les « Nymphéas noirs », Stéphanie est confrontée à « L’ennui insupportable de la femme qui n’a rien à reprocher à l’homme auprès duquel elle vit… Aucune excuse, aucun alibi. Juste de l’ennui, cette certitude que la vie est ailleurs. Qu’une complicité parfaite existe autre part. Parfois une sexualité plus inventive, une tendresse, une émotion devant une apparence physique, ou devant une musique qui court le monde. »
- Le voyage : L’univers de l’aviation, les escales dans différentes villes du monde, confèrent au livre une atmosphère cosmopolite et une dimension d’évasion.
Conclusion
*« J’ai dû rêver trop fort » est un roman à la fois émouvant et mystérieux, où Michel Bussi interroge la place du rêve dans la réalité et la force des souvenirs. À travers le parcours de Nathy, il invite le lecteur à se demander si la vie n’est pas parfois guidée par des signes, et si les rêves d’hier ne peuvent pas façonner le présent.
*« Les assassins de l’aube » est un polar captivant, construit autour d’une intrigue complexe et de personnages fouillés. Michel Bussi y excelle dans l’art du suspense et de la manipulation, offrant au lecteur une lecture palpitante, où chaque page réserve son lot de surprises et de révélations. J’apprécie son œil de géographe qui permet de saisir des paysages avec précision et poésie, une douceur dangereuse…Il aborde aussi les contextes sociaux, enjeux politiques actuels, migrants mal accueillis, les foyers d’accueil insuffisants, bâtiments institutionnels à moderniser : cela donne une vision très actuelle de notre gestion des Antilles. Il n’évite pas quelques notes politiques.
Ces deux romans me paraissent bien porter en eux les possibilités d’une oeuvre de plus grande envergure et je l’ai pressentie en lisant le dernier opus de Michel Bussi : « Les ombres du monde » paru cette année 2025 qui est déjà apprécié et mérite une distinction.
Merci à tous pour vos présentations et les échanges qui ont suivi. Vous êtes les créateurs par vos interventions, vos idées, vos remarques, de notre joie et notre richesse. Un thé préparé par les animateurs vous est proposé pour enrichir ces moments.