Café littéraire du 07/09/2026 📜📚

Un été compliqué, vous en savez tous les raisons et les incidents. Mais Passerelles poursuit sa route, et son café littéraire également. Toutefois, nous serons peut-être moins nombreux, des petits mots d’excuses sont venus nous prévenir ; nous vous en remercions. Vos animateurs ont pensé à vous et vous retrouveront pour parler des livres que vous aimez. Louis, Sylvie et Nicole seront à votre écoute.

Nous sommes nombreux pour cette première réunion : Marielle, Maryse, Annick H, Sylvie, Louis, Marcel, Jean, Monique, Brigitte, Noëlle, Marie-Jo, Fabienne, Nicole, Aurore, Marie-Odile, Maryse2, Marie-Christine.

Plusieurs de nos fidèles nous ont prévenus de leur absence, Merci beaucoup, Evelyne, Béatrice, Gérard, Monique M, Marie, Ida.

C’est Sylvie qui anime aujourd’hui, elle recueille les titres des livres qui seront présentés, elle demande à chacun de dire un mot d’accueil pour les nouvelles lectrices. Elle rappelle les grandes règles de fonctionnement de la réunion. Enfin l’adhésion à Passerelles est fixée à 15€, pour l’année. Le site de « Passerellesasso33.fr » permet à chacun de retrouver les informations, payer des cotisations, des choix de spectacles, de retrouver les documents produits parmi la richesse accumulée sur près de 7 ans sur ce site, géré par Michèle notre Présidente.

Puis Sylvie donne la parole à Marie-Odile : elle présente un livre qui lui a plu en cette période. « La Papeterie Stubaki » de Ito Ogawa, un roman Japonais 2021, éditions Picquier.

Le sujet : Ce livre japonais n’est pas vraiment une autobiographie, mais il y ressemble. Il n’y a pas d’intrigue mais une tâche méticuleuse à remplir. Ogata Ito est chanteuse japonaise, poète, elle est destinée à devenir « écrivain public », une charge émérite. Elle a fait des études classiques et se lance dans l’écriture ; 2008 « Le restaurant de l’amour retrouvé » ; « Le Ruban » et beaucoup de romans raffinés qui dégagent une sorte de sérénité.

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l’art difficile d’écrire pour les autres.


Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l’encre, l’enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d’un singe, des lettres d’adieu aussi bien que d’amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c’est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

Le livre est composé de chapitres courts centrés sur une activité particulière : Tout est méthodique et raffiné. L’écrivaine est dotée d’un talent original que vous devez découvrir… Merci à Marie Odile qui est tombée sous le charme de cette écrivaine publique si raffinée. Fabienne insiste et nous raconter « le ruban » dont elle a apprécié la finesse. Merci à Marie-Odile pour ce beau moment.

Puis Aurore prend la parole, elle va nous parler d’un livre tout récent, lu avec un grand intérêt : « C’était ça ou mourir ! » de Thélyson Orélien. » Nous l’avons remarqué à la Grande Librairie.

C’est déjà un phénomène littéraire ! Thélyson est né en 1988 à Haïti. Après le terrible tremblement de terre de 2021, il part pour le Québec. Il y étudie le droit puis l’économie et les sciences politiques à l’Université de Montréal.

Ce premier roman n’est pas autobiographie imprudente, c’est une « fiction  inspirée d’histoires racontées par d’autres migrants », mais elle est inspirée du réel, de son vécu, de témoignages. Bien qu’il ne s’agisse pas de sa propre vie, l’auteur partage avec son protagoniste, le déracinement et l’exil.

C’est Jonas Gédéon qui raconte son long parcours : Ce professeur d’histoire- géographie est contraint de quitter sa ville de Port au Prince, en raison de la violence et de l’insécurité. Le pays est abandonné à des gangs ultra -violents qui tuent, pillent et violent…. Il va alors entamer une grande traversée migratoire de 12 000 kms vers le Québec : Saint-Domingue, l’Amérique Latine, Brésil ; une traversés sur 160 Kms dans la Jungle de Darien, pour arriver enfin à la frontière des USA, face aux agents de l’ICE et son administration.

Pour ce périple, Jonas est parti avec presque rien : « son diplôme, un cahier de poèmes, une photo de sa Mère, un morceau de savon et un slip » Toute sa vie dans un plastique Carrefour ! La trajectoire de Jonas, c’est la description d’une survie qui se révèle comme une suite d’expériences physiques. Marcher, avoir faim, se blesser, mais aussi rire devant la douleur, pour ne pas abandonner.

C’est une langue de l’exil qui s’apprend sans grammaire, sans dictionnaire juste avec les os et la peau de l’auteur.

Ce livre est puissant et bouleversant, une belle écriture traversée de poésie, beaucoup d’humour. Il cite souvent une écrivain haïtien René Depestre. Jonas ne rentrera pas aux Etats Unis, mais parviendra à rejoindre une cousine au Canada en passant par le chemin Rohan.

Le groupe se tourne vers Marcel qui a fait la même lecture et vu l’écrivain mercredi soir à la Grande Librairie. Il a eu la courtoisie de laisser la parole à Aurore. Des réflexions s’engagent sur le courage et la force morale de cet homme modeste et déterminé.  Merci à vous deux qui avez transmis un témoignage étonnant.

Sylvie se tourne vers Fabienne, grande lectrice, liée à plusieurs clubs de lecture. Elle nous présente Jonathan Coe que nous connaissons peu.

« Les preuves de mon innocence », De Jonathan Coe.

Jonathan Coe est un écrivain britannique né le 19 août 1961 près de Birmingham. Formé à Cambridge puis à l’université de Warwick, où il a consacré une thèse à Henry Fielding (dramaturge, 1707-1754), il s’impose dans les années 1990 avec Testament à l’anglaise, satire mordante de la société britannique sous Margaret Thatcher. Son œuvre mêle humour, critique politique et observation fine des classes moyennes, notamment dans La Maison du sommeil, Bienvenue au club, Le Cercle fermé ou Le Cœur de l’Angleterre.

Il publie : en 2021 « Billy Wilder et moi » et en 2023, « Le royaume désuni » qui fait écho à son roman « Le cœur de l’Angleterre » car tous deux ont une résonnance et un arrière-fond politique de l’Angleterre post -brexit.

Son dernier roman paru en 2025 présenté par Fabienne, est dans cette même veine qui mêle de façon magistrale l’intime et le public, la petite et la grande histoire avec une finesse et un humour décalé très « british » ! Il est construit de façon originale et très fine, nous raconte à travers la voix de différents protagonistes, un même évènement sous couvert d’enquête policière.

La quatrième de couverture reflète bien cette ambiance :

« L’arrivée de Liz Truss au 10 Dawning Street, des ultraconservateurs réunis dans un vieux manoir, une société secrète d’étudiants en plein Cambridge, plusieurs morts mystérieuses, des jeunes femmes en quête de vérité, et une vieille inspectrice bien trop gourmande…

Voici quelques-uns des ingrédients du nouveau roman virtuose de J.Coe qui se joue ici des codes du polar pour mieux dénoncer montée des extrêmes et désinformation. »

*Le prologue présente Phyl et ses parents. Fille unique, elle vient de terminer ses études de lettres et s’ennuie chez ses parents et dans son petit boulot, un restaurant de sushis ; parfois elle se rêve écrivaine. Son père Andrew était géomètre expert et sa mère Joanna est pasteure. Ils se sont rencontrés pendant leurs études à Cambridge et ont longtemps entretenu des liens plus ou moins proches avec certains de leurs amis de l’époque. Justement, l’un des plus proches, Christopher, doit venir passer quelques jours chez eux avec sa fille adoptive Rebecca qui est du même âge que Phil mais elles ne se connaissent pas car Rebecca est restée vivre aux USA après le divorce de ses parents et elle a rejoint son père, il y a peu de temps. Christopher était journaliste et il écrit maintenant un blog très engagé politiquement. Ils évoquent d’anciens amis.

Les discussions entre les trois vieux amis de Cambridge les amènent à évoquer le romancier Cockerill dont la carrière a été fulgurante mais brève et un de leurs professeurs le docteur Coutts qui appartiendrait, d’après Christopher, à une sorte de secte d’ultra conservateurs quasi fascistes.

Ce prologue est très important car il campe le contexte et présente les principaux protagonistes. L’élément déclencheur sera la mort suspecte de Christopher quelques jours plus tard lors d’un congrès de ce groupe politique ultraconservateur auquel appartient leur ancien professeur Coutts et un autre, Wilkes qui voue un culte à Cockerill, l’auteur trop tôt disparu qui s’est suicidé après être quasiment tombé dans l’oubli.

*Dans la première partie, nous suivons Christopher lors de ce colloque de plusieurs jours dans un manoir de la campagne anglaise. Ses joutes verbales avec son ancien professeur, le docteur Coutts, son assistante et d’autres participants dont le fameux professeur Wilkes qui vénère l’écrivain suicidé, aboutissent à la découverte du corps de Christopher dans sa chambre, il a été vraisemblablement assassiné et l’inspectrice chargée de l’enquête arrive avec un collaborateur. Ils interrogent les différents suspects.

*Dans la deuxième partie, le narrateur est Brian, un des vieux amis de Christopher, Joanna et Andrew du temps de leurs études et qui est devenu psychiatre. Il raconte ses années à Cambridge, les soirées du professeur Coutts qui les avaient tous beaucoup marqués par son charisme, son intelligence, son côté manipulateur et ses positions déjà un peu extrêmes.

Peu à peu, d’autres pièces du puzzle se mettent en place entre les différents protagonistes et les différentes époques afin de faire progresser le lecteur dans l’enquête sur la mort criminelle de Christopher.

*La troisième partie met en scène Phil et Rebecca qui font un récit à deux voix de la suite des évènements et de l’enquête qu’elles décident de mener en parallèle et à leur manière ; et cela les amènera jusqu’à Venise à la rencontre du professeur Wilkes. Ce qu’elles découvrent, ajouté aux éléments mis à jour par l’inspectrice de police, amènent à l’arrestation du meurtrier.

*Quant à l’épilogue, c’est une pirouette littéraire d’une grande ingéniosité,   doublée d’humour dont je ne peux rien dire car cela gâcherait trop votre plaisir de lecture !! Ce roman est un petit bijou ciselé d’originalité, de réflexion politique sous-jacente mais présente, assez profonde, dans une écriture fluide et simple, mâtinée d’un humour très « pince sans rire » et de beaucoup d ‘intelligence. Et le lecteur est heureux de se faire « balader » par l’auteur pour le plus grand plaisir des deux car je soupçonne J. Coe d’avoir bien ri en écrivant « Les preuves de mon innocence » (que l’on peut aussi entendre comme l’épreuve de mon innocence) …

Fabienne a lu beaucoup et souhaite parler rapidement d’un écrivain qu’elle préfère à d’autres :

 « Toutes les nuances de la nuit », de Chris WHITAKER

(2024 Sonatine)

« L’espoir n’est qu’une forme d’attente, quiconque dit le contraire se ment à lui-même. »

Chris Whitaker est né à Londres en 1981. Après avoir travaillé comme trader à la City, il se lance dans l’écriture. En 2016 son premier roman : « Tall Oaks » reçoit les louanges de la critique et se voit couronné du prix CWA (John crazy new blood dagger).

Son œuvre mêle souvent enquête, drame familial, adolescence, culpabilité, secrets de petites communautés et résilience. Ses romans se distinguent par une forte dimension émotionnelle, des personnages blessés mais attachants, et une atmosphère de roman noir souvent située aux États-Unis. Il se fait ensuite remarquer avec All the Wicked Girls en 2017, puis connaît un succès international avec We Begin at the End en 2020, publié en français sous le titre Duchess. Ce roman remporte notamment le Gold Dagger Award 2021et leprix Ned-Kelly 2021 du meilleur roman international.

En 2024 paraît « All the colors of the dark » (Toutes les nuances de la nuit) qui remporte un succès international. L’écrivain vit aujourd’hui dans le Hertfordshire avec sa femme et leurs trois enfants.

Dans ce roman choral magistral, nous suivons le destin de deux enfants, Patch et Saint qui deviennent amis « à la vie, à la mort » en raison de leurs différences qui provoquent rejet et moqueries de la part de leurs pairs : Patch, outre le fait d’être pauvre, a perdu un œil et son cache-œil provoque sarcasmes et quolibets, et, des garçons plus âgés le frappent régulièrement ; Saint parce  qu’elle est un vrai garçon manqué, élevée par sa grand-mère qui conduit le bus scolaire et que les gens traitent de « gouine ». Ils vont devenir très proches, se soutenir et s’entre aider dans une relation d’amour/amitié : relation non symétrique dans le sens où pour Saint, Patch est l’amour de sa vie, alors que pour le jeune homme Saint est une très grande et fidèle amie.

Un jour après avoir fait fuir un homme qui s’attaquait à une fille de son collège, Patch disparaît sans laisser de traces. L’enquête commence mais Saint trouve que rien ne va assez vite et mène de son côté sa propre enquête.

Je ne peux en dire plus au risque de dévoiler trop d’éléments de ce roman très prenant et très original sur le fond et la forme.

À travers une écriture fluide et poétique à l’image de son titre, l’auteur nous convie à un voyage aux côtés de ces deux personnages qui grandissent et deviennent adultes, en mêlant roman d’apprentissage, roman policier, roman sur l’adolescence, sur les pertes qui détruisent mais peuvent, comme certaines rencontres, faire grandir. Il y a le thème de la culpabilité, du rachat des fautes, du pardon, une quête de justice, un roman social aussi qui dépeint cette Amérique des petites gens et des laissés-pour-compte dont la disparition importe peu. Toute une galerie de personnages gravite autour des deux héros, les habitants de cette petite ville sans histoire du Missouri.

Mais c’est avant tout un grand roman sur les différentes formes d’amour.

On est embarqué, les personnages très attachants nous manquent lorsqu’on achève la lecture et j’étais heureuse de les retrouver après chaque interruption de lecture, comme des amis proches. L’épaisseur du roman n’est donc pas un problème !

Sylvie garde la dernière place pour présenter ses choix : un poème personnel :

LES SONS DU SILENCE,

Le noir est ma couleur…Dans la nuit de mon cœur, l’obscurité est mon amie

Madame, je ne cesse de tenter de vous apprivoiser.

Des visions m’appellent le long de mon sommeil, tout se prépare, tout se trame, tout tend à vivre

Dans les sons du silence.

Dans des rêves agités je frôle la peur au risque de perdre pied

Je suis seule ou suivie par des ombres

Je cherche le halo du réverbère. Le prétentieux néon érigé par les hommes. Phare ou totem ou Dieu tout-puissant pour déchirer les ténèbres.

Mes yeux sont blessés par cette lumière aveuglante. Je m’en détourne, je cours, je me perds et je rentre dans le noir, le noir de mon cœur.

Pourquoi je pleure ?

Les villes, les pays perdus, les continents hurlent dans une cacophonie qui résonne jusqu’aux profondeurs des océans.

L’univers supplie de se taire et d’entrer

Dans les sons du silence.

Arrêtez de vous crier dessus sans parler

Arrêtez d’entendre sans écouter

Arrêtez de chanter des chansons qu’aucune voix ne partage.

Mes larmes telles des gouttes de pluie vont balayer la poussière et je sèmerai des graines pour que la vie l’emporte

Là où règne la mort et l’indifférence

Je vous apprendrai la prière, celle qui se récite à genoux ou couchée sur la terre pour lui rendre grâce

La prière du Vivant tapi en chacun de nous

Celle qui va vers toi l’inconnu et bientôt mon ami

Parce que nous partageons la même maison, les mêmes nuits peuplées

Des sons du silence.

Tu ne seras plus jamais seul. Je te citerai Peggy qui métamorphose les épines.

Je tisserai comme lui des guirlandes de bourgeons, de boutons de fleurs de pommiers, de rameaux gonflés de sève

Une guirlande embaumante qui a le goût de l’arbre et des branches et des fruits à venir

J’en ferai une couronne pour apaiser la fièvre et le malheur, l’injure et la dérision

Un diadème dans les mains d’un enfant qui te fait roi du monde à venir

Qui de ses petites mains fraîches apaise ton front brûlant

Cet enfant te regarde. Il bouge à peine les lèvres

C’est son cœur qui chuchote et qui te livre Le Secret

Le noir de la nuit ne fait pas peur, il prépare la beauté du matin nouveau et t’offre l’espérance

Dans les Sons du Silence   

                                          SYLVIE

Réflexions :

Le 7 septembre 2026 : 461 livres cette rentrée littéraire ! cela donne le vertige ! Quel élan, quel besoin de se confronter à l’écriture !

Nous avons lu, j’ai lu…Savez-vous que des gens payent pour faire des retraites de LECTURE ?

Des séjours au vert pour bouquiner et discuter des romans. Par exemple à SEIGNOSSE dans LES LANDES. Elles étaient 24 : elles sont venues de toute la France et même de Belgique pour s’offrir ce qui semble être devenu un luxe aujourd’hui : AVOIR LE TEMPS DE LIRE !

Le livre est une échappatoire, une respiration, un moment à soi, une ouverture à la rêverie, une réparation parfois …La terre a brûlé, des nuages de suie ont survolé Bordeaux, les habitants ont suffoqué, mais c’est dans les petites choses insignifiantes qu’on reprend espoir.

Un écureuil va et vient dans mon jardin. Il est très occupé. Il monte, il descend le long du vieux chêne. Il prépare son hiver sans doute, il n’a pas de temps à perdre. Il me ferait presque avoir honte de ma léthargie, de mon inutilité.

J’ai voulu panser mon chagrin des hectares partis en fumée, j’ai regardé le film « LE CHANT DES FORÊTS ». Je me suis laissé engloutir par la magie des Vosges, par le silence chargé de vie, par la beauté des brumes, l’adieu au Grand Tétra, l’oiseau disparu de ces forêts. Je me suis réparée le temps d’un documentaire. Nous sommes dans cette nature, spectateurs éblouis.

« ON EST DANS CE QUI S‘EN VA » dit Michel, le père de Vincent Munier, écouté religieusement par son petit-fils Simon. Tout est éternel recommencement.

J’ai donc choisi de vous lire aujourd’hui un de mes poèmes, tout naturellement, sur LES SONS DU SILENCE.

Quant à mes livres, il y a eu HAMNET, bouleversante écriture de Maggie O’FARREL support du tout aussi magistral film du même nom.

Il y a eu un petit livre japonais de OGAWA ITO : LE RESTAURANT DE L‘AMOUR RETROUVÉ.

Juste pour me conforter dans l’idée que mon amour de la cuisine est essentiel et vital. Comment résister aux recettes qui peuvent rendre heureux les gens dans le partage et le don. A savourer.

Puis il y a eu « CONTINUER » de Laurent MAUVIGNER. Lui, je l’aime. Depuis sa MAISON VIDE, je suis envoûtée par son écriture aussi belle qu’aventureuse. Cette fois il m’a entraînée dans des paysages sauvages où les chevaux sont rois. Hymne à l’amour d’une mère pour son fils.

Mais cette fois, pas envie de voir le film avec Virginie Efira. (Sortie en 2018). Je reste dans l’alchimie de l’homme, de l’animal et du cosmos racontée par MAUVIGNER.

Puis il y a eu le livre dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui :

                        LE PARFUM DES POIRES ANCIENNES de ERWALD ARENZ

ERWALD ARENZ est un écrivain et professeur allemand né le 26 novembre 1965 à Nuremberg. Il enseigne l’anglais et l’histoire dans un lycée de sa ville natale. Il écrit des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre.
Son roman LE PARFUM DES POIRES ANCIENNES EST SORTI EN 2019. (Suivi par L’ÉTÉ OÙ TOUT A COMMENCÉ en 2021) son 2ème livre traduit en français.
Il est très connu en Allemagne et a reçu de nombreux prix allemands.


J’avais envie de réconfort, d’un livre lumineux, d’une parenthèse bienfaisante qui aborde la résilience, l’espoir de la reconstruction, l’amitié.

Ce livre traite de la rencontre réparatrice entre une adolescente en fugue et une agricultrice solitaire que tout oppose.

SALLY est une jeune fille de 17 ans. Elle s’est échappée d’un centre de soins où elle était traitée pour anorexie.
LISS est une femme d’une cinquantaine d’années. Elle vit seule dans une grande ferme et travaille dur dans les champs pour oublier son passé.
La rencontre : LISS a un problème avec son tracteur sur un chemin. SALLY l’aide par hasard.
LISS invite l’adolescente à passer la nuit chez elle sans poser de questions. Ce refuge qui devait ne durer qu’une nuit va se prolonger car SALLY va trouver là un havre de paix. Elle n’est pas jugée et on respecte ses silences.
Ensemble, elles vont travailler, cueillir les vieilles variétés de poires, soigner les abeilles et faire les vendanges…Le silence de la ferme et la rudesse des tâches quotidiennes aident ces deux femmes blessées à s’apprivoiser, à partager leur fardeau et à se reconstruire.

Ce livre est un hymne à la nature et à l’amitié, un livre délicat, d’une sensibilité à fleur de peau et d’une richesse inouïe de réflexions sur la vie, toutes simples et pourtant si profondes. Je ne sais pas pour vous mais cela suffit à m’émouvoir.

L’être humain est étrange et tout peut se passer, se réaliser, même à la suite de rencontres improbables et souvent les apparences sont trompeuses.

Deux femmes, deux mystères…où ARENTZ sème des petits indices sur le chemin vers un passé trouble que chacun voudrait effacer. C’est un roman silencieux et pudique.

On rencontre parfois des êtres fragiles qui comme les martinets rêveraient de ne pas avoir à se poser dans un monde qui leur fait peur. On aimerait les approcher, les rassurer, comment dit-on ? Les apprivoiser. Oui, c’est cela. On voudrait leur expliquer que nous avons les mêmes peurs mais que nous pouvons compter les uns sur les autres. Ensemble on peut être forts.

Il faut prendre du temps, pour cela. La confiance se mérite. Il faut être patients. Ne rien brusquer. Laisser sa place à l’écoute, au silence.

Et ma boucle est bouclée. Tout arrêter un instant le temps d’écouter LES SONS DU SILENCE.

SYLVIE, notre poète. Merci à toi.

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La tradition du Thé s’est imposée peu à peu au sein de notre groupe, après deux heures d’écoute attentive. Aujourd’hui, il y a eu peu de questions ou de réflexions, comme si nos cerveaux embrumés admiraient l’agilité des intervenantes…

Mais nous étions 17, or notre groupe si riche de ses recherches, de ses récits, de ses silences, ne peut pas excéder une vingtaine de lecteurs ou lectrices.

Tout vous sera expliqué lors de L’AG. Un « kiosque » se met marche pour accueillir tous ceux qui aiment les livres et la lecture ! nous lui souhaitons autant de bonheur que nous avons ressenti à faire vivre le Café littéraire depuis presque 7 ans. Et, nous poursuivons ce bonheur encore dans « Passerellesasso33.fr ». Merci à tous nos amis bénévoles pour ces moments de joies.

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Nous nous retrouvons le lundi 21 septembre, à 14 h, pour un café littéraire dans lequel plusieurs lecteurs absents reviendront prendre leur place.

Nous serons au « Forum des associations », samedi matin prochain 12 septembre 2026, et,

 le samedi matin 26 septembre, nous comptons sur votre présence pour L’A.G. de Passerelles à partir de 11h. Elle sera suivie d’un apéritif.

Amitiés Nicolle…